En bref : Les verrues génitales sont de petites excroissances cutanées provoquées par le papillomavirus humain (HPV) et se transmettent essentiellement par contact. Le traitement au laser permet de retirer les lésions avec précision, sous anesthésie locale, sans hospitalisation et avec un retour rapide aux activités quotidiennes.
Relecture médicale : Op. Dr. Yasir Gözü · Chirurgie générale et proctologie · Dernière mise à jour : 20 juillet 2026
Qu'est-ce qu'une verrue génitale (HPV) ?
La verrue génitale est une affection contagieuse qui se transmet par contact et se caractérise par de petites excroissances surélevées apparaissant sur la peau des régions génitale et anale. Elle est causée par le papillomavirus humain, plus connu sous le nom de HPV.
Dès l'apparition des premiers signes, la priorité revient à l'examen par un médecin spécialiste, car un diagnostic précoce conditionne largement le succès du traitement. Le typage du virus HPV constitue ensuite une étape importante de la prise en charge. On dénombre plus de 200 types de HPV, dont une quarantaine peut être associée à un risque de cancer. C'est pourquoi la consultation d'un praticien expérimenté est essentielle dès qu'une lésion suspecte est observée.
Le virus HPV se transmet lorsque la peau de la région génitale ou anale entre en contact avec une surface cutanée infectée. Le virus pénètre alors par les microcoupures ou les fissures présentes sur la peau et provoque, dans ces zones, des lésions appelées condylomes.
Comme cette affection se propage de personne à personne par contact direct, elle doit être traitée le plus tôt possible : à défaut, les verrues tendent à se multiplier et à s'étendre. La transmission survient principalement lors des rapports sexuels, à l'occasion d'un contact cutané. Plus rarement, la contamination peut se produire dans des espaces partagés par de nombreuses personnes, comme les toilettes publiques, les salles de sport, les hammams ou les saunas. L'usage d'objets personnels appartenant à une personne infectée, comme une serviette de toilette, peut également favoriser la transmission du virus si ces objets sont réutilisés au niveau de la région génitale.
Qui peut être concerné ?
Le HPV touche indistinctement les femmes et les hommes. Le virus peut être présent dans l'organisme d'une personne sans nécessairement provoquer de lésions visibles. Certains facteurs augmentent toutefois le risque de développer des verrues génitales :
- Des rapports sexuels débutant à un âge précoce, dès l'adolescence
- Un nombre élevé de partenaires
- Des rapports sans recours à une méthode de protection
- La présence d'une autre infection sexuellement transmissible
- Une maladie affectant le système immunitaire, ou un traitement par chimiothérapie qui l'affaiblit
- Un système immunitaire globalement affaibli
Dans quelles zones apparaissent les verrues génitales ?
La localisation des lésions diffère selon le sexe.
Chez la femme, les verrues peuvent apparaître :
- Sur le vagin ou à l'intérieur de celui-ci, sur le col de l'utérus, sur la région génitale externe, à l'aine, ainsi que dans la région anale et ses alentours
Chez l'homme, elles peuvent se former :
- Sur le pénis et son pourtour, sur les testicules, à l'aine et sur les cuisses, ainsi que dans la région anale et péri-anale
Quels sont les symptômes ?
Les signes les plus fréquents sont des lésions surélevées par rapport à la peau, un changement de coloration, des démangeaisons, une légère sensation de brûlure, des rougeurs, une inflammation et, chez la femme, des pertes vaginales. Les verrues peuvent apparaître de façon isolée, mais aussi en groupe, prenant parfois un aspect caractéristique en « chou-fleur ».
Les verrues génitales présentent une apparence généralement typique. Elles sont le plus souvent identifiées lors d'un examen physique réalisé par un spécialiste, qu'il s'agisse d'un urologue, d'un gynécologue ou d'un proctologue. Comme le HPV comporte de nombreux types, un prélèvement est nécessaire pour en déterminer la nature exacte. Des méthodes de diagnostic telles que le test HPV-ADN ou le frottis (test Pap) permettent d'identifier les types à risque et d'orienter la prise en charge.
Comprendre les types de HPV
Tous les types de HPV ne provoquent pas de verrues génitales. Parmi les quelque 200 types recensés, environ quarante sont associés à la formation de verrues dans la région génitale. Les types HPV 6 et HPV 11 sont les plus fréquemment en cause dans l'apparition des verrues et ne présentent pas de risque cancéreux.
En fonction de leur potentiel à provoquer un cancer, les types de HPV se répartissent en deux grandes catégories :
- Types à faible risque : ils sont responsables de la majorité des verrues génitales bénignes et ne sont pas associés à un risque cancéreux notable.
- Types à haut risque : ils peuvent, selon la zone atteinte, favoriser le développement de certains cancers. Les types 16 et 18 sont les plus fréquemment impliqués dans les processus oncogènes.
Le HPV peut-il provoquer un cancer ?
L'infection à HPV se caractérise par une période d'incubation très variable. Selon la résistance du système immunitaire, ce délai peut aller de deux mois à plusieurs années après la contamination. Chez les personnes dont l'immunité est affaiblie, le virus peut favoriser l'apparition de lésions verruqueuses de formes et de nombres variés dans les régions génitales, notamment autour du vagin, du pénis et de l'anus.
Comme évoqué, les types de HPV se divisent en catégories à faible et à haut risque. Les types à haut risque peuvent, selon la région touchée, contribuer au développement de cancers. Les types les plus fréquemment oncogènes, c'est-à-dire susceptibles de favoriser la formation de tumeurs, sont les HPV 16 et 18. Un suivi médical régulier reste donc recommandé.
Existe-t-il un vaccin contre le HPV ?
Oui, un vaccin contre le HPV est aujourd'hui disponible. Le point le plus important à retenir est qu'il doit idéalement être administré avant toute exposition au virus. La vaccination réalisée à l'adolescence, vers 12 ou 13 ans, offre une protection plus élevée que lorsqu'elle est effectuée plus tardivement ; son efficacité est en effet moindre lorsqu'elle intervient dans la tranche d'âge des 17 à 45 ans. La vaccination reste néanmoins recommandée, à titre préventif, aux personnes ne présentant aucun symptôme afin de les protéger de l'infection.
Plusieurs mesures permettent de réduire le risque d'infection :
- La vaccination précoce protège en particulier contre les types de HPV les plus à risque, notamment les types 16 et 18 associés au cancer. Un vaccin administré durant l'enfance offre une protection accrue.
- Les méthodes de protection barrière, comme le préservatif, réduisent le risque de transmission lors des rapports sexuels, principal mode de contamination.
- Le maintien d'un système immunitaire solide joue un rôle clé : une personne porteuse du virus tend à développer des verrues lorsque son immunité baisse. Renforcer ses défenses, avant comme après le traitement, améliore la réponse thérapeutique.
Le traitement des verrues génitales
Plusieurs méthodes permettent de traiter les verrues génitales :
- La cryothérapie (traitement par le froid, ou « congélation »)
- Le traitement au laser (par la chaleur, provoquant la vaporisation des lésions)
- La chirurgie classique
La chirurgie classique se pratique sous anesthésie générale, nécessite une hospitalisation et peut laisser des cicatrices au niveau des zones traitées. Pour ces raisons, les patients s'orientent de plus en plus vers des méthodes alternatives moins invasives.
Le traitement au laser s'impose aujourd'hui comme l'option la plus avantageuse : il permet de ne négliger aucune lésion, même la plus petite, et d'atteindre la verrue jusqu'à sa base. Cette précision favorise un traitement complet et limite le risque de repousse à partir de tissus résiduels.
La cryothérapie, quant à elle, consiste à appliquer une certaine quantité d'azote sur la zone atteinte à chaque séance. Dans certains cas, cette projection de gaz n'agit que sur la couche superficielle et il n'est pas toujours possible de savoir si le tissu de base de la verrue a réellement été atteint. Le nombre de séances nécessaires peut alors s'en trouver allongé.
Les inconvénients de la chirurgie classique
L'intervention chirurgicale peut s'accompagner de complications liées au geste lui-même : perte de tissu sain, cicatrices, saignements ou phénomènes inflammatoires. Ces contraintes expliquent l'intérêt croissant pour les techniques sans chirurgie.
Les avantages du traitement au laser sans chirurgie
Le traitement au laser présente de nombreux atouts pour les patients :
- La séance dure généralement de 5 à 8 minutes
- La procédure est rapide et ne nécessite aucune hospitalisation, un peu comme la pose d'un plombage dentaire
- Aucune anesthésie générale n'est requise : une simple anesthésie locale suffit à insensibiliser la zone
- La douleur ressentie est très faible
- L'absence d'incision et de points de suture préserve les tissus sains
- Le patient peut reprendre ses activités quotidiennes juste après le traitement
- Les personnes présentant des maladies chroniques ou systémiques peuvent, elles aussi, bénéficier en toute sérénité de ce traitement au laser
Que faut-il surveiller après le traitement ?
Le point le plus important consiste à éviter tout contact avec une personne porteuse de verrues génitales. Il est par ailleurs essentiel de maintenir un système immunitaire solide, car une immunité affaiblie favorise les récidives. Durant la phase de cicatrisation, il convient également de garder la zone propre et sèche, d'éviter de l'irriter et de s'abstenir de rapports sexuels jusqu'à guérison complète. Le respect des recommandations du médecin réduit sensiblement le risque de complications.
Sources
Avertissement : Ce contenu est fourni à titre purement informatif et ne remplace pas un avis, un diagnostic ou un traitement médical professionnel. Consultez un médecin pour des recommandations adaptées à votre situation.